samedi 21 septembre 2013

La connection des coeurs est une pente

Derrière un titre faussement philosophique pour pas grand-chose se cache en fait un avis pas très positif malheureusement. La connection des coeurs, c'est Kokoro Connect, et la pente, c'est ce que cet anime est, mais une pente raide, tellement raide qu'on a du mal à marcher dessus et que l'on passe son temps à trébucher.

Mais d'abord, commençons par le commencement. Le début bien, pas celui de la catastrophe.

Parfait : le meilleur personnage frappe celui qui ne sert à rien
La situation de base de Kokoro Connect est franchement une excellente idée. Cinq lycéens dont les corps s'échangent pour une raison totalement inconnue... On peut faire beaucoup de choses avec, il y avait des milliers de possibilités, et l'anime a choisi la moins bonne (enfin, j'imagine que nos cinq héros auraient aussi pu se transformer en pingouins... Enfin, là ça aurait été fun au moins v_v)

Enfin, on va commencer par parler du début bien. Parce que tout n'est pas noir et que j'ai quand même une certaine dose d'affection pour ce pauvre anime qui ne va pas au bout de ce qu'il veut faire. Je prends donc la résolution d'être gentille, compréhensive, et de ne prononcer aucun mot peu poli durant tout cet article. Dans la limite du possible bien sûr, faut pas déconner non plus.

Le premier arc faisait pourtant figure de bonne surprise, et j'étais honnêtement très enthousiasmée. Même si la technique n'était pas franchement géniale (on voit que les mecs ont pas de budget... Les mêmes qui ont très bien su l'utiliser avec WataMote d'ailleurs.) mais le début était très encourageant, de bonnes idées, un graphismes qui est mignon mais ne marche bizarrement pas dans cet anime qui n'a clairement pas l'argent d'un KyoAni (comme la totalité des studios de la terre. KyoAni a des sous, beaucoup de sous.) et Inaban. Tant que l'histoire est bonne, la technique je m'en fous pas mal. Si c'est vraiment très mauvais, bien sûr que je vais le remarquer, mais ce n'est pas ça qui va me faire arrêter ou ne pas aimer un anime. Psycho-Pass est un excellent anime, je dirai même un de mes préférés, mais au niveau technique ça pique un peu les yeux. Et pourtant, je ne suis pas exigeante.

Tout ça pour dire que, oui, le premier arc de Kokoro Connect fait vraiment figure de bonne surprise. Juste dans son traitement alors que les sujets sont très casse-gueules (ça parle du le saiks BWAHAHAHA hum pardon), des scènes drôles et des passages étrangement émouvants et bien foutus. J'ai dévoré les premiers épisodes en me disant "Pourquoi ça a été critiqué, c'est vachement sympa et en plus Inaban elle déchire même si bon les autres j'ai toujours pas retenu leurs noms mais ils sont sympas". Puis, après une scène de confession plutôt jolie, voici le deuxième arc.

Bon, le second arc n'est pas mauvais en soi, mais il fait un tel saut vers le bas dans la qualité que c'en serait presque choquant. Déjà, la confession toute mignonne de la fin de l'épisode précédent ne se remet pas en cause une seule fois pendant l'arc, comme si elle n'avait jamais existé alors qu'on l'a vue, elle était là, elle était cool, mais en fait il semblerait qu'elle n'ait pas d'utilité. Et ces épisodes n'ont pas de grand intérêt. Là aussi, quelques bonnes scènes, mais pas suffisamment, et c'est là que l'anime commence à trop se prendre au sérieux, ce qui n'est évidemment pas une bonne chose.


Lorsqu'un anime est bon et se prend au sérieux, on ne le ressent pas parce que c'est bon. Prenons comme exemple la totalité des animes de Shaft et plus spécifiquement ceux réalisés par Shinbo : ça se la pète à mort, pourtant ça passe crème parce que, hey, c'est bien. J'ai beau adorer les Sayonara Zetsubou Sensei (enfin, surtout la première saison), la réalisation est hyper pompeuse. Ceux qui ne se prennent pas au sérieux et sont bons surprennent toujours ; pour des exemples, les animes David Productions. Mais quand un anime (ou n'importe quoi d'autre d'ailleurs) est moyen ou mauvais et qu'il se prend trop au sérieux, ça se ressent immédiatement. C'est le cas avec Kokoro Connect.

Ca se ressent surtout aux troisième et quatrième arcs que je regroupe pour leur utilité totalement nulle ; car autant la première partie est sympa si on la prend dans l'ensemble, autant ces deux arcs sont d'une redondance et d'une lourdeur extrêmement peu agréable et absolument pas nécessaire. Le troisième est l'arc "bébé" qui m'a tellement ennuyée qu'à un moment je me suis juste levée pour ranger mes affaires en plein milieu d'un épisode en y jetant un regard vague de temps en temps. C'est surtout là que j'ai pris le temps d'analyser les personnages comme il n'y avait rien d'autre à faire et de découvrir un casting d'une platitude sans égal.

Taichi est presque l'avatar du spectateur lambda qui aimerait bien sortir avec une des filles, il est aussi neutre qu'un héros de dating-sim, c'est donc une page blanche, une tasse vide. Il n'est ni méchant ni gentil, ni drôle ni trop sérieux, ni remarquable ni possibilité d'être ignoré, bref le rien absolu, le néant, un peu comme quand il est tombé amoureux de Iori alors qu'Inaban est juste à côté de toi macaque. En parlant de cette Iori, pourquoi tant de haine ?
Je la pensais vraiment sympa au départ, enjouée, mignonne, gentille avec tout le monde, un peu maladroite avec en prime la voix de Inga de Un-Go et de Yui de K-on alias deux des personnages les plus mignons et vifs de le monde.
NON, cria ces deux derniers arcs que j'exècre désormais.
Iori devient, comme sa vieille coupine, dépressive. Pourquoi ? Et bah, je ne suis même pas sûre de vouloir comprendre. Iori devient donc hikkikomori sans aucune raison apparente, déprime gravement et bon, c'est pas pour dire mais c'était un peu chiant.

Ceci est ce que mérite Yoshifumi comme représentation. Pas plus.
Sinon, il y a aussi le couple confirmé de Yui et de Yoshifumi. Premier advertissement : ces deux personnages ne servent strictement à RIEN (même si dans le domaine de l'utilité le second reçoit toutes les récompenses du monde). Yui ne sert qu'à être dépressive pendant tout le troisième arc pour une raison assez peu valable et que c'est LOURD. Au fond, on ne cherche pas forcément un réalisme absolu dans un anime (il y a quand même certains limites j'en conviens), juste à s'échapper un peu du quotidien. Et là, on dépasse le niveau du réalisme ; on passe dans la catégorie du réalisme exagéré. Je ne pense pas (après, peut-être que je me trompe) que vous allez hurler sur tous les gens qui daignent de vous approcher, ne plus jamais sortir de votre chambre et devenir très désagréable parce que vous vous rendez compte que vous ressemblez à l'ex de votre petit ami et que vous avez des doutes sur l'authenticité de son amour. En plus, elle sort de sa pseudo dépression d'un coup comme ça (Iori aussi d'ailleurs). Si vous voulez exagérer la réalité, faites le jusqu'au bout quoi !
Quant à Yoshifumi, je sais pas pourquoi ce personnage existe mais en tout cas il sert à rien. Peut-être qu'il a été admis dans le club parce qu'il sait faire des crêpes.
C'est bon les crêpes.

Après, il y a Inaban. Elle a une mèche entre les yeux, elle est doublée par Miyuki Sawashiro et ses répliques sont super chouettos. Heureusement qu'elle était là, Inaban étant un peu la lueur d'espoir, le soleil de nos vies, et notre grand amour à tous.
Difficile de ne pas aimer Inaban, difficile de la quitter en cours de route donc. Vous venez de voir la seule raison pour laquelle j'ai fini l'anime.

Car après avoir regardé le treizième épisode, je n'avais vraiment plus beaucoup d'espoir pour le Michi Random. Mes impressions s'étant confirmées assez vite.

Je ne retiens que deux choses dans ce quatrième et dernier arc : son inutilité totale et la stupidité de ses personnages (si l'on excepte Inaban bien sûr). Exemple de bonne situation : Inaban vient casser la gueule (wiiiii) aux méchants, mais comme elle ne devait pas voir leurs visages ils décident de la kidnapper, et comme c'est du trois ou quatre contre une fille, peu importe sa classe intersidérale, elle perd. Voici ensuite, en exclusivité, ce qu'il s'est passé dans la tête des criminels :

"Nous venons de kidnapper une fille. Elle pourrait crier, bâillonnons la. Nous sommes en train de suggérer ouvertement que nous allons la violer. Mettons la dans un hangar et laissons la porte GRANDE OUVERTE ヽ(´▽`)ノ"

Et oui, pas simple d'être complètement débile. Aussi, à la fin du dernier épisode, Iori demande à une fille d'être son amie après lui avoir pété la nuque. Personnellement, je connais mieux comme manière de socialiser, mais après tout, c'est Kokoro Connect, faut pas chercher loin.

Je disais au début que la technique n'est pas forcément au poil, mais elle est encore plus voyante alors que l'ennui vient ; et le nombre de plans fixes est assez incroyable. Aaaah, les plans fixes. Parfois c'est rigolo, mais quand il y en a trop, non, juste non. Les personnages changent de tête d'un plan à l'autre et les faux raccords sont indénombrables.
Au moins, l'opening est agréable. Hihi ~

Au fond, difficile de ne pas aimer Kokoro Connect ou au moins d'avoir de la compassion pour lui. C'est un anime avec de jolies scènes, d'autres assez drôles, mais beaucoup trop rares. J'aurai préféré peut-être quelque chose de moins sérieux, mais mieux fait. En attendant, vive Inaban et à quoi sert Yoshifumi nom de dieu.

Peut-être que j'aime bien Inaban parce que parfois elle fait des mouvements. Qui sait.



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